orages

l’orage est passé. il doit y avoir dans l’air quelque chose,
une métaphore, qui m’aiderait à taire ce que je pourrais crier.
ces gouttes brillantes qui pendent, petits diamants au balcon,
et dont la substance, timide, enfle, à se décrocheter du fer.
plus loin, l’immeuble d’en face, toit noir de pluie, l’ozone javellise,
la façade est plus blanche. ton regard de mère
sur mon torse nu, blême, se soulevant entre deux bras brunis par l'été.
autant dire tes yeux contre mon cœur nu. ta peau dépigmentée.
les couleurs ne se discutent pas. nous ne parlons plus.
ce que je suis devenu de meilleur nous éloigne.
le sang brun de tes mots je le comprends encore,
mais c’est celui au doux grenat créé de ma fleur que je livre.
je suis la coupure, le sacrifié, la frontière et le filtre.
je suis le sang saumâtre. le dernier fruit, mutant, de cet arbre véreux qui meurt.
ma fleur aura travaillé. mon noyau est dur, je me force à croire qu’il fera le reste.

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