une île

l’enfant, l’amour, l’ami. que de blablas.
essences et contingences. bruit.

hors la mort la phrase du sang n’a pas de point.
ou alors il faut être le mot de trop, la saillie.

la colère isole.
raturez mon nom, je gagne l’ombre et la pause.

ma solution “être une île” est terrible.
 
elle me sauve.

quand il advient, le silence, prière s’exauce.
entre en moi comme une ivresse,
un vague menthol ravigotant mon âme et ma peau.

je suis cette île sur la Vilaine et presque loin de chez moi.

cette langue de terre coupée
où ne tiennent que douze mimosas, dont un mort.

onze bouquets jaunes, éclatants, monumentaux,
tordus par le vent d’ouest absenté,
impressionnés par lui,
courbés par l’habitude de son souffle,
et qui encadrent l’image noire, sans fleurs, de leur frère, de leur sort.

où les glomérules sont des pompons solaires,
qui filtrent mes humeurs, résorbent ma brune.

où leurs rayons sont des ponts de parfum qui pudiquement vous pénètrent.

2 commentaires:

Une Nouille Martienne a dit…

très agréable moment de lecture et de communion
qui n'a pas en effet ressenti ce besoin viscéral d'isolation perdu au milieu du mouvement du bruit des autres etc

un poème en trois actes à mon humble avis :
de hors à saillie pour la création du cadre
de la colère à peau pour la sensation (ma partie préférée)
et de je suis à pénètrent pour l'évasion poétique

Encore bravo pour glomérules ! j'en ai pris plein la bouche comme une gouleyante bouchée de chaleur

Stéphane a dit…

Je les aime bien aussi ces glomérules. Merci.