le danseur

d’abord la main noire,
comme taillée dans le cuir
poussiéreux d’un éléphant.
les ongles bombés ont
un jaune de griffe,
et même liserés de crasse
semblent manucurés.
la raie du nez et le front
sont peints en bleu,
comme Pierrot quand il
s’apprête à n’être plus que
la mer perdue au ciel.
les yeux plissés vous percent,
noirs, sans pupilles,
saisissants ou rieurs,
on ne sait,
disent qu’ils ont raison,
que vous avez tort,
ou que vous croyez
qu’ils ont raison
et que vous avez tort.
ils vous lisent.
vous pensez qu’ils vous lisent.
ils ont encore ou déjà
quelque chose au-dedans
qui vous précède ou succède.
cet homme contemporain
serait un aïeul,
s’il n’y avait
contre ses lèvres
une cigarette roulée
dans une page de livre
à la langue étrangère,
s’il n’y avait
cette manière de médaille
à son front
frappée d’un marsupial,
d’une autruche,
d’un Territory of New Guinea.

4 commentaires:

Une Nouille Martienne a dit…

Un tableau révélé à petites touches mais un tableau invitation au voyage dans la différence qui suggère plutôt que souligne le croisement (choc ?) de deux mondes côte à côte, aux racines étrangères ...
Je suis partie

Stéphane a dit…

Heureux alors que ce petit bout de chemin ait un peu fonctionné.

Anonyme a dit…

un langage que je connais

charles b a dit…

l'être humain, cette terre toujours inconnu... merci